Questions/Réponses sur le(s) Label(s) BIO

Bonjour à tous!

Hier, alors que je faisais les courses en accompagnant ma maman (il devient de plus en plus rare5_dfydE pour moi d’aller dans les supermarchés classiques), alors que je déposais mes courses sur le tapis, la caissière, remarquant que je n’avais que des produits BIO, a commencé un petit laïus sur ce qu’elle pensait des labels BIO dans l’alimentation.

« Mon mari est agriculteur, moi je peux vous le dire, le BIO, c’est n’importe quoi. Les normes varient d’un pays à l’autre, alors le bio parfois c’est pas vraiment du vrai BIO. Il y a des produits chimiques dedans. ».

Ah Boooon? Sauf que C’EST FAUX.

mensonges

Décodons un peu tout ça, parce que des labels, il y en a beaucoup, et dans le BIO, il y en a un sacré paquet!! 😀

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La base des normes pour tous, je dis bien TOUS les labels alimentaires BIO, quel que soit le pays d’ou ils viennent et quel que soit l’organisme qui les délivre, est la MÊME pour tous. Cette base, ce minimum requis, à été décidé internationalement, et aucun organisme BIO ne peut y déroger.

Voici les critères de BASE d’attribution d’un label BIO dans l’alimentation, quel que soit le pays:

  • non-utilisation d’intrants d’origine chimique (c’est-à-dire fertilisant, pesticides, antibiotiques, additifs, etc…)
  • pas d’utilisation d’organisme génétiquement modifiés ;
  • pas de stérilisation par irradiation ;
  • utilisation de terrain de culture n’ayant pas reçu de produits d’origines chimiques depuis une période donnée (généralement plus de trois ans) ;
  • consignation écrite détaillée des étapes de productions et de ventes (audit) ;
  • séparation physique des productions labellisables et non labellisables ;
  • inspection sur site régulière.

 

Un produit transformé bio doit avoir au moins 95% de ses ingrédients issus de l’agriculture biologique. Pour les 5% restants, le producteur doit avoir une dérogation pour prouver qu’ils ne sont pas disponibles en « bio » (sel marin par exemple). Cela est valable pour tous, partout.

Donc déjà, l’ idée très répandue que certains pays (on cite souvent la Chine, les pays de l’Est ou encore Israël) n’auraient pas les mêmes normes, et qu’on pourrait donc trouver des pesticides ou produits chimiques ajoutés dans le BIO étranger, dus à la différence de normes, est fausse. A 100%.ob_a857192da878e75ac5bc11916933c77d_mensonge-blog

Ce qui est vrai en revanche, c’est que certains ont déjà fraudé pour vendre plus que leur production. (Mais là, c’est également vrai pour les producteurs français). Ils sont toutefois très rares à s’y risquer, et ils risquent gros (du simple déclassement de leur cargaison au retrait pur et simple du label ET de l’autorisation d’importer leurs produits), et encore plus rares ceux qui passent réellement au travers des mailles du filet et que l’on retrouve bel et bien sur nos étals avec le logo BIO.Comment_detecter_mensonge

Selon les organismes de contrôle, la plupart des fraudes proviennent de pays situés hors de l’Union Européenne, tels que le Kenya, la Chine, l’Argentine, le Chili, Israël, la Turquie, l’Egypte, Madagascar, etc.  Les pays européens sont tout de même concernés avec en tête l’Espagne puis l’Italie, la Roumanie etc. (source : bioaddict.fr).

Stop-FraudDepuis 2005, les membres de l’UE ont retiré près de 200 autorisations d’importation, la plupart du temps pour non-respect de la législation sur le bio. Ces fraudeurs sont donc connus, et ils ne relèvent pas plus d’éventuelles différences de normes ou de critères dans le cahier des charges BIO que des labels eux mêmes, mais bien de la pure et simple fraude.

Ils sont souvent poussés à ces extrémités par nos supermarchés, qui tirent toujours les prix d’achat vers le bas, préférant aller acheter la poire BIO de l’autre côté du globe et délaisser celles des producteurs locaux, pour une évidente question de prix, quitte à pousser ces petits producteurs aux abois à tenter de faire passer un peu de la production non bio du verger d’à côté dans leurs palettes de BIO, ni vu ni connu.Mirosław-Gryń-bio

Ce qui permet aussi à nos enseignes GMS bien connues de vendre de la tomate et de la fraise « BIO » en plein mois de Janvier…

Encore une raison de plus de préférer les Biocoop aux enseignes de supermarché.

Certains pays, les plus pauvres évidemment, n’ont également aucune aide à offrir aux producteurs BIO, et ceux ci se retrouvent parfois avec des difficultés à respePauvretéIndecter le cahier des charges très strict des labels.  Et plus le prix du BIO est élevé par rapport au prix du non BIO, plus les producteurs les plus pauvres de ces pays sont tentés de frauder. Logique…

Il existe aussi un problème, notamment connu en Chine, ou la petite taille des parcelles cultivables forcent les exploitants BIO à avoir leurs champs littérallement « collés » aux champs non BIO d’à côté, rendant parfois la totalité de leur production contaminée aux pesticides de leur voisin.

Pour les pays non ressortissants Européens, il n’est tout de même pas simple de passer au travers des mailles du filet.

Qu’en est-il des Européens labellisés alors?logos-labels-bio

Sur les millions de produits BIO sur le marché Européen en 2010, 51 cas de fraude ont été constatés. On peut y ajouter les retraits de produits pour raisons sanitaires. On l’a dit plus haut, les pays Européens ne sont pas épargnés par les fraudeurs.

Le vrai problème, ce ne sont pas les normes, mais les dispositifs de contrôle, qui parfois, dans certains pays, ne sont pas assez au point, et où l’on trouve des exploitants convertis au BIO sans en avoir bien respecté toutes les règles. Toutefois et de plus en plus, les importateurs eux mêmes en dressent la liste, voire créent leurs propres filières pour ne plus être exposés au risque de contamination ou de retrait du label.

Après, il est vrai que certains pays sont bien moins inspectés que les autres, comme la Roumanie ou seulement 5% des opérateurs labellisés sont contrôlés par surprise après l’obtention du label. En France, on en est à environ 1,6 visites de contrôle impromptues par an pour un exploitant labellisé, ce qui est une belle garantie. 🙂

Voici une liste non exhaustive des logos BIO que l’on trouve le plus souvent, empruntée à Natura-sciences.com:

    
label ab Label officiel français du bio (à gauche),répondant au cahier des charges européen de l’agriculture biologique et label européen (à droite).

Interdiction des pesticides et des engrais chimiques de synthèse. Mixité des productions bio et non bio acceptée sous certaines conditions. Les produits transformés contiennent au moins 95 % d’ingrédients bio. Tolérance d’une contamination par les OGM à hauteur de 0,9 % des produits transformés. www.agencebio.org

label biocoherence Bio Cohérence est une garantie privée (certifiée par un tiers indépendant) créée suite au nouveau règlement européen jugé trop laxiste. Bio Cohérence ne labellise que des produits déjà estampillés AB, mais avec des critères supplémentaires : La mixité des productions bio et non bio est interdite, le seuil minimum de contamination par les OGM est limité à 0,1 % . www.biocoherence.fr
label demeter Demeter est une garantie privée pour les produits issus d’exploitations certifiées AB et utilisant les principes de l’agriculture biodynamique. La certification va plus loin que le label AB : Mixité et traces d’OGM sont interdites, les produits composés doivent comporter au moins 90 % d’ingrédients certifiés Demeter.  www.demeter.fr
nature et progrès Nature et Progrès est une marque privée attribuée à des produits 100 % d’origine Nature et Progrès ou bio. Elle ne demande pas la certification AB à ses producteurs et repose sur un Système participatif de garantie, animée par des producteurs et des consommateurs. Nature et Progrès interdit la mixité, les traces d’OGM et l’huile de palme dans ses produits (même bio). . www.natureetprogres.org
ensemble solidaire producteurs consommateur Garantie privée créée par Biocoop qui assure des partenariats durables entre groupements de producteurs, transformateurs et distributeurs. Produits 100% bio, pas de cultures sous serres chauffées pour les fruits et légumes, élevage sur des exploitations de taille limitée et préférence aux races locales, animaux nourris avec 100 % d’aliments bio, produits en majorité sur l’exploitation.www.ensemble-solidaires.fr
logo max-havelaar Le label Fairtrade/Max Havelaar est un label privé créé par l’association Max Havelaar certifiant majoritairement les petits producteurs. Attention, il doit côtoyer le label « AB » sur l’emballage pour garantir la double certification, car qui dit « équitable », ne veut pas forcément dire « bio ». A lui seul, le label Max Havelaar garantit tout de même que les producteurs sont engagés à prendre soin de leurs ressources naturelles et qu’ils n’utilisent ni pesticides dangereux ni OGM. www.maxhavelaarfrance.org
bio-equitable Les produits Bio équitable sont issus du commerce équitable et sont certifiés AB. Bio équitable impose un engagement des importateurs sur des volumes et ce, sur une durée d’au moins 3 ans. Produits uniquement commercialisés en magasins spécialisés. www.biopartenaire.com
bio solidaire Bio Solidaire est en quelque sorte du commerce équitable « nord-nord » sur des produits labellisés AB. Il n’y a pas de prime de développement, mais plutôt un investissement de l’entreprise pour développer la filière. Le référentiel interdit le chauffage des serres et demande de respecter la saisonnalité. Il s’applique uniquement aux producteurs et opérateurs français. Produits uniquement commercialisés en magasins spécialisés. www.biopartenaire.com

MrPas-de-bolEn gros, si vous souhaitez être vraiment surs à 100% que votre BIO est BIO, rien ne pourra vous le garantir, et oui, vous avez peut-être eu la malchance de tomber sur un des rares produits à passer au travers des mailles du filet.

Mais une chose est certaine : Si le BIO ne peut pas être garanti BIO à 100%, on peut par contre être surs que le non BIO, c’est 100% de la m……… (Merci à Pin Up Bio pour cette phrase tout à fait 42-17247453_chapeau2réaliste!! 🙂 )

Entre  les pesticides, herbicides, engrais, insecticides, nitrates, additifs, irradiation et OGM, que l’on retrouve dans les aliments non BIO en permanence, et le risque de retrouver un peu de ces horreurs , parfois, sur des aliments BIO, personnellement, j’ai choisi. 😉

 

On pourra fauxbioaller regarder d’un peu plus près les effets de ces toxiques, notamment sur un article très sympa de LA RESTAURATION COLLECTIVE RESPONSABLE (ici ) et achever de se convaincre de l’utilité de manger bio et naturel le plus possible. 🙂

J’avoue que je ne comprends pas qu’on puisse ne pas comprendre l’intérêt de cesser de s’empoisonner avec tous les additifs chimiques dont on bombarde nos aliments, ainsi que les produits que nous mettons sur notre peau, ou que nous respirons…

Demandez vous si il est normal que ces gens soient tenus de se protéger à ce point pour bombarder les champs de produits, s’ils sont sans réel danger, comme on tente de nous le faire croire? Et si ils sont si toxiques qu’il leur faille une combinaison et un masque pour ne surtout pas en respirer, comment pourrait il être sain, ensuite, de les retrouver dans nos assiettes??

Voilà, j’espère avoir répondu à la plupart des questions qu’on se pose sur le BIO, et surtout d’avoir contré les bêtises qu’on entend le plus souvent. Bien sur que le BIO n’est pas le rempart ultime à l’empoisonnement général, et oui, c’est vrai que le BIO n’est pas toujours 100% clean, mais comparé au non BIO, il n’y a pas photo.

N’hésitez pas à réagir sur le blog ou sur la page Facebook et à poser d’autres questions, ou même d’apporter des précisions sur ce que j’aurai pu oublier!! 🙂

Quant à moi, je ne fais que commencer, et nul doute que j’apporterai au fur et à mesure plus de précisions, à mesure que moi même, j’avancerai sur ce chemin!! 😉

J’ai volontairement parlé aujourd’hui de l’alimentation, bientôt, promis, je parlerai des produits cosmétiques et de nettoyage!! 🙂

Salut mes petits anges!! saint

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